Lyon, terrain créatif : nos lieux préférés pour shooter (et ce qu’il faut savoir avant)

Lyon, terrain créatif : nos lieux préférés pour shooter (et ce qu’il faut savoir avant)
Six spots photo qu’on utilise vraiment, avec la bonne heure, le bon type de projet et la contrainte qui va avec. Plus un point clair sur les autorisations, parce que c’est la question qu’on nous pose le plus souvent.
Notre studio donne sur la Saône. Résultat : on sort beaucoup. Au fil des années, on s’est constitué une petite carte mentale des endroits où la lumière tombe bien, où l’on est tranquille, et où l’on ne se fait pas arrêter au bout de dix minutes. La voici, sans filtre — avec les contraintes, pas seulement les jolies images.
Un mot avant de commencer : cet article n’est pas un guide juridique. C’est ce qu’on a vérifié, avec les sources, et ce qu’on ne sait pas — on le dit aussi.
Shooter à Lyon : ce qu’il faut savoir avant de sortir
En France, photographier depuis l’espace public est libre par principe. Ce qui se régule, c’est ce que vous faites de l’image et la place que vous prenez sur le trottoir. Deux questions différentes, souvent confondues.
Occuper l’espace public, ce n’est pas la même chose que le traverser
Un photographe, un modèle, un boîtier : dans la pratique, personne ne vous demandera rien. Dès que vous installez du matériel — pieds, réflecteurs, HMI, groupe électrogène, camionnette, véhicule technique — ou que vous gênez la circulation des piétons, vous entrez dans le champ de l’occupation temporaire du domaine public, qui suppose une autorisation.
À Lyon, c’est le service Occupation temporaire de l’espace public (11 rue Pizay, Lyon 1er) qui gère les manifestations sur la voie publique, les chargements-déchargements et tout ce qui modifie le stationnement ou la circulation. Le standard Lyon en Direct, au 04 72 10 30 30, oriente vers le bon interlocuteur. Nous n’avons pas trouvé de délai officiel publié par la Ville pour les demandes de prise de vues : les chiffres qui circulent en ligne vont de dix jours ouvrés à un mois. Prenez donc de l’avance, et surtout : appelez pour savoir ce qui s’applique à votre cas précis.
Si votre projet est audiovisuel — film, série, clip, publicité — passez plutôt par le bureau d’accueil des tournages d’Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Le service est gratuit et il traite justement les demandes d’autorisation de tournage, en plus des repérages et de la mise en relation. C’est le raccourci le plus utile que l’on connaisse.
Les règles varient selon le lieu, la date, le matériel et l’usage prévu des images. Un même repérage peut relever de la Ville de Lyon, de la Métropole pour la voirie, de la préfecture pour un drone, ou d’un propriétaire privé. Avant tout tournage un peu lourd, appelez le service compétent. Une réponse en cinq minutes au téléphone vaut mieux qu’un tournage interrompu.
Les images : personnes, bâtiments, œuvres
Trois régimes se superposent, et ils n’ont rien à voir entre eux.
- Les personnes. L’article 9 du Code civil protège la vie privée. Une personne reconnaissable a un droit sur son image : pour un usage commercial, il faut une autorisation écrite. C’est vrai du modèle comme du passant au premier plan.
- Les bâtiments. Depuis un arrêt d’assemblée plénière de la Cour de cassation du 7 mai 2004, le propriétaire d’un bien ne dispose pas d’un droit exclusif sur son image. Il ne peut s’y opposer qu’en cas de trouble anormal — typiquement une atteinte à sa tranquillité ou à sa vie privée.
- Les œuvres. C’est là que ça se corse. Une façade d’architecte, une sculpture, une fresque restent protégées par le droit d’auteur. L’« exception de panorama » introduite en 2016 dans le Code de la propriété intellectuelle (article L122-5, 11°) ne couvre que les reproductions faites par des personnes physiques, à l’exclusion de tout usage commercial. Traduction : une campagne de marque devant une architecture contemporaine ou un mur peint récent demande, en principe, l’accord de l’auteur.
À Lyon, cela concerne concrètement les grandes fresques en trompe-l’œil, le bâti récent de la Confluence, et une partie de la signalétique urbaine. Pour une image éditoriale ou personnelle, vous êtes tranquille. Pour une publicité, posez la question en amont.
Les quais de Saône, tôt le matin
C’est notre terrain le plus proche : notre studio est au 42 Quai Saint-Vincent, donc on y descend en trente secondes. Et honnêtement, c’est le meilleur rapport qualité-effort de la ville.
L’ambiance. De l’eau, des façades ocre et rose, des passerelles, et une brume qui traîne sur la rivière une bonne partie de l’année. La Saône renvoie une lumière douce vers le haut : les visages sont déboulés naturellement, sans réflecteur.
La lumière. Entre le lever du soleil et 8 h 30. Le soleil arrive par l’est et frappe les façades de la rive gauche : vous shootez face à un mur de lumière chaude sans avoir votre sujet à contre-jour. En fin de journée, l’effet s’inverse et fonctionne aussi, mais avec dix fois plus de monde.
Pour quel projet. Portrait, mode, éditorial, lifestyle de marque. Tout ce qui a besoin de respiration et d’un décor qui ne vole pas la vedette.
La contrainte. Les joggeurs et les vélos, très nombreux dès 7 h. Ne posez rien au milieu de la bande cyclable. Le stationnement sur les quais est difficile et souvent payant : venez à pied ou prévoyez du temps.
La Croix-Rousse et ses pentes
Le quartier le plus photogénique de Lyon, et le plus fatigant. On ne compte plus les shootings où l’équipe finit essoufflée dans un escalier.
L’ambiance. Des rues étroites, des murs colorés, du linge aux fenêtres, des escaliers partout, et une lumière qui se découpe en lames entre les immeubles. C’est vivant, un peu bancal, très humain.
La lumière. Milieu de matinée, entre 9 h et 11 h, quand le soleil est assez haut pour descendre dans les rues sans les écraser. En plein après-midi, les contrastes deviennent ingérables. Les jours couverts sont, ici, un cadeau.
Pour quel projet. Portrait de personnalité, mode street, documentaire de marque, contenu réseaux sociaux avec du caractère.
La contrainte. C’est un quartier habité, pas un décor. Les pentes sont raides et le matériel se porte. Le Mur des Canuts, réalisé par un collectif d’artistes lyonnais, est une œuvre protégée : magnifique en fond, mais à traiter avec prudence pour un usage publicitaire.
La Confluence, pour le contemporain
Quand un client veut « moderne, propre, un peu international », c’est là qu’on va. Le quartier a été pensé par des architectes, et ça se voit à l’image.
L’ambiance. Volumes géométriques, couleurs franches, béton clair, verre, eau. Des lignes nettes et beaucoup de surfaces réfléchissantes. Un décor qui fonctionne aussi bien en plein cadre qu’en arrière-plan flou.
La lumière. Fin d’après-midi, une à deux heures avant le coucher du soleil. Les façades vitrées deviennent des sources indirectes géantes. Le crépuscule bleu, juste après le coucher, est excellent pour la vidéo — les éclairages urbains s’allument et l’exposition s’équilibre.
Pour quel projet. Corporate, tech, automobile, architecture, mode contemporaine, clip.
La contrainte. Attention à ce qui est privé : le centre commercial, les halls d’immeubles, les abords de certains sièges d’entreprise relèvent d’un règlement intérieur et d’une autorisation du gestionnaire. Et comme les bâtiments sont récents, la question du droit d’auteur des architectes se pose réellement dès qu’on passe en usage commercial.
Le Vieux Lyon et ses traboules
Le décor le plus spectaculaire de la ville, et de loin le plus délicat à utiliser correctement.
L’ambiance. Pierres dorées, galeries à l’italienne, escaliers à vis, cours fermées. Dans une traboule, la lumière tombe par un puits central : vous avez une softbox naturelle de dix mètres de haut. C’est superbe, et c’est très contrasté.
La lumière. Autour de midi pour les cours intérieures — c’est le seul moment où le puits de lumière est vraiment alimenté. Pour les rues du Vieux Lyon, préférez le tout début de matinée, avant l’arrivée des groupes.
Pour quel projet. Portrait de caractère, mode, patrimoine, artisanat, contenu culturel.
La contrainte. Elle est réelle. Les traboules sont des propriétés privées. Une convention signée en juillet 1990 entre la Ville et des propriétaires ouvre une cinquantaine de cours et traboules au passage piéton, 365 jours par an, entre 7 h et 19 h. C’est un droit de passage — pas une autorisation de shooting. Concrètement : on traverse, on fait quelques images discrètes, on ne s’installe pas, on ne fait pas de bruit, on ne photographie pas les fenêtres des habitants. Pour un vrai tournage, il faut l’accord du propriétaire ou du syndic.
Un lieu ne devient un décor que le jour où l’on a compris comment y vivre. Avant, ce n’est qu’un joli fond.
Les friches et zones industrielles
Moins carte postale, plus intéressant. Les franges est et sud de l’agglomération offrent des textures qu’aucun studio ne reproduit : béton usé, tôle, rouille, graffitis, hangars.
L’ambiance. Brut, texturé, un peu abandonné. Excellent pour créer de la tension dans une image, ou pour faire ressortir un produit très propre sur un fond très sale.
La lumière. Plein après-midi, contrairement à tout le reste. Le soleil dur sculpte les surfaces et fabrique des ombres franches. Un ciel gris, ici, rend l’image plate.
Pour quel projet. Mode, musique, sport, automobile, packshot contextualisé, clip.
La contrainte. C’est la catégorie où l’on se plante le plus. Une friche appartient toujours à quelqu’un — une entreprise, une collectivité, un aménageur. Entrer sans accord, c’est une intrusion, et le risque est aussi physique : sols instables, amiante, verre. Identifiez le propriétaire, demandez par écrit, vérifiez votre assurance responsabilité civile professionnelle. Les tiers-lieux et friches culturelles, eux, louent souvent leurs espaces officiellement : c’est plus simple et plus sûr.
Le parc de la Tête d’Or, hors des sentiers
Tout le monde y va, presque personne n’en sort de bonnes images. Parce que tout le monde shoote au même endroit, au même moment.
L’ambiance. Un très grand parc urbain, avec un lac, une roseraie, des serres, des allées d’arbres et des zones franchement sauvages. La variété est le vrai atout : vous pouvez enchaîner quatre décors différents en vingt minutes de marche.
La lumière. Première heure après l’ouverture, ou la dernière avant la fermeture. Le contre-jour à travers les arbres, en fin de journée, est ce que le parc offre de mieux. Les horaires varient selon la saison : vérifiez-les la veille.
Pour quel projet. Portrait naturel, famille, lifestyle, mode douce, contenu bien-être.
La contrainte. Le parc est soumis à un règlement, et l’affluence du week-end rend certaines zones inexploitables. Pour une prise de vues professionnelle, en particulier dans les serres et le jardin botanique, nous vous recommandons de vérifier auprès de la Ville de Lyon si une autorisation est requise : nous n’avons pas trouvé de doctrine publique et claire sur ce point, et la réponse peut dépendre du matériel utilisé. Fuyez les allées principales, allez vers le nord du parc.
Ce qui rentre dans un sac et qui sauve une sortie :
- Un réflecteur pliant 5-en-1 — le seul accessoire qui change tout en lumière naturelle
- Des autorisations de droit à l’image imprimées, signées sur place par les modèles
- Une batterie externe et des cartes de rechange : on shoote plus qu’on ne le croit
- Un chiffon microfibre — la brume de Saône dépose un voile sur la lentille
- Un plan B couvert, repéré à moins de dix minutes à pied
- Des chaussures correctes pour les pentes et un sac que l’on peut porter longtemps
Récapitulatif
| Lieu | Meilleure heure | Type de projet | Contrainte principale |
|---|---|---|---|
| Quais de Saône | Lever du soleil → 8 h 30 | Portrait, mode, éditorial | Vélos et joggeurs, stationnement difficile |
| Croix-Rousse | 9 h – 11 h | Portrait, street, documentaire | Pentes raides, quartier habité, fresques protégées |
| La Confluence | Fin d’après-midi et crépuscule | Corporate, tech, clip | Espaces privés, droit d’auteur des architectes |
| Vieux Lyon | Midi (cours), très tôt (rues) | Portrait, patrimoine, artisanat | Propriétés privées, passage 7 h – 19 h, affluence |
| Friches | Plein après-midi | Mode, musique, sport, auto | Accord du propriétaire, sécurité, assurance |
| Tête d’Or | Ouverture et fermeture | Portrait naturel, lifestyle | Règlement du parc, affluence, horaires saisonniers |
La marche à suivre pour un tournage qui occupe l’espace public
- Repérez sur place, à l’heure prévue du shooting. Une capture d’écran satellite ne dit rien de la lumière ni du flux de passants.
- Listez ce que vous allez poser au sol. C’est ce critère, plus que le nombre de personnes, qui déclenche la demande d’autorisation.
- Identifiez le bon interlocuteur. Ville de Lyon pour l’espace public municipal, Métropole pour certaines voiries, gestionnaire privé pour un site fermé, bureau d’accueil des tournages si le projet est audiovisuel.
- Déposez la demande très en avance. Plusieurs semaines, avec attestation de responsabilité civile professionnelle et description précise du dispositif.
- Prévoyez un plan B. Météo, manifestation, travaux, refus tardif : à Lyon, tout cela arrive. Un repli couvert évite d’annuler une équipe entière.
Quand le studio vaut mieux que l’extérieur
On aime l’extérieur. On ne le recommande pas systématiquement, et voici pourquoi.
Dehors, vous ne contrôlez ni la lumière, ni le bruit, ni les passants, ni la météo. Sur un shooting mode d’une journée, une averse coûte plus cher qu’une journée de studio. Sur du packshot, le fond change à chaque nuage. Sur de la vidéo, un scooter ruine une prise parfaite.
Le studio a du sens quand vous avez besoin de répétabilité — mêmes conditions pour cinquante produits, ou pour vingt portraits d’équipe qui doivent aller ensemble. Il a du sens aussi quand la journée est chargée : on avance trois fois plus vite quand on ne se déplace pas.
La combinaison qui fonctionne le mieux, à notre avis : une demi-journée en studio pour les images qui doivent être irréprochables, puis une heure dehors pour l’atmosphère. Notre studio étant au 42 Quai Saint-Vincent, la Saône est littéralement en bas de l’escalier — c’est pratique, et ce n’est pas un hasard si on a choisi cette adresse.
Nos tarifs de location : 50 € HT l’heure, 160 € HT les quatre heures, 340 € HT les huit heures.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour faire un shooting photo à Lyon ?
Photographier depuis l’espace public est libre par principe. Une autorisation devient nécessaire dès que vous occupez le domaine public : installation de matériel, véhicule technique, gêne à la circulation ou au passage des piétons. À Lyon, le service Occupation temporaire de l’espace public est l’interlocuteur pour la voie publique ; le standard Lyon en Direct (04 72 10 30 30) oriente vers le bon service. Pour un projet audiovisuel, le bureau d’accueil des tournages d’Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma traite gratuitement les demandes.
Combien de temps à l’avance faut-il déposer une demande ?
Nous n’avons pas trouvé de délai officiel publié par la Ville de Lyon pour les prises de vues, et les durées citées en ligne varient de dix jours ouvrés à un mois. Le plus sûr est de contacter le service compétent dès que la date est envisagée, et de compter plusieurs semaines si votre dispositif touche au stationnement ou à la circulation.
Peut-on photographier les traboules du Vieux Lyon ?
Les traboules sont des propriétés privées. Une convention signée en juillet 1990 entre la Ville de Lyon et des propriétaires ouvre une cinquantaine de cours et traboules au passage piéton, 365 jours par an, entre 7 h et 19 h. Ce droit de passage permet de traverser et de faire quelques images discrètes, pas d’installer un tournage. Pour une vraie séance, demandez l’accord du propriétaire ou du syndic, et respectez la tranquillité des habitants.
A-t-on le droit de photographier un bâtiment pour une campagne commerciale ?
Deux règles se cumulent. D’un côté, la Cour de cassation a jugé le 7 mai 2004 que le propriétaire d’un bien ne dispose pas d’un droit exclusif sur son image, sauf trouble anormal. De l’autre, si le bâtiment est une œuvre protégée par le droit d’auteur — architecture récente, sculpture, fresque —, l’exception de panorama prévue à l’article L122-5, 11° du Code de la propriété intellectuelle ne couvre que les personnes physiques et exclut tout usage commercial. Pour une publicité, sollicitez l’accord de l’auteur.
Quelle est la meilleure heure pour un shooting extérieur à Lyon ?
Cela dépend du lieu. Les quais de Saône donnent le meilleur d’eux-mêmes entre le lever du soleil et 8 h 30. Les pentes de la Croix-Rousse préfèrent la fin de matinée. La Confluence s’illumine en fin d’après-midi et au crépuscule bleu. Les cours du Vieux Lyon ont besoin du soleil au zénith. Les friches, elles, gagnent en plein après-midi, quand la lumière est dure.
Faut-il une autorisation écrite des modèles photographiés dans la rue ?
Oui pour tout usage commercial. Une personne reconnaissable dispose d’un droit sur son image au titre de l’article 9 du Code civil. Emportez des formulaires imprimés et faites-les signer sur place : c’est plus simple que de rattraper un modèle six mois plus tard, au moment où la marque veut décliner la campagne en affichage.
la ville
Un repérage à préparer, un doute sur une autorisation, une envie de mélanger studio et extérieur ? Écrivez-nous, on partage volontiers ce qu’on sait — y compris les endroits qu’on a rayés de la liste. Studio au 42 Quai Saint-Vincent, à deux pas des quais de Saône.
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